On ne peut pas plaire à tout le monde, c’est vrai.
Et tout le monde ne peut pas nous plaire non plus.
Ça, on le sait en théorie… pourtant, depuis l’enfance, on s’est habitué à traîner derrière nous des parasites qui grignotent notre énergie.
D’abord ce furent les professeurs qui n’avaient clairement ni la vocation, ni la patience nécessaires pour accompagner des enfants.
Puis les camarades de classe qui semblaient avoir pour mission d’explorer toutes les façons possibles de nous agacer.
Plus tard, à l’âge adulte, ce sont devenus les voisins sans savoir-vivre, les collègues toxiques, ceux qui prennent toute la place, ou ces patrons qui devraient être interdits par la loi du bon sens.
Et à cette galerie de personnages s’ajoutent ceux que la société nous pousse à supporter “par principe” :
la famille, les proches qui critiquent sans se remettre en question, les éternels donneurs de leçons, les gens “qui disent les choses cash” comme si la brutalité était une qualité.
Alors, par souci de paix sociale, on se tait.
Par besoin de préserver l’ambiance familiale, on encaisse.
Et pour éviter d’être le “mouton noir”, on ravale ce qui nous blesse.
Mais si, pour ce mois de décembre, on décidait justement de devenir Shawn le mouton ?
Pas celui qu’on pointe du doigt… mais celui qui se choisit, qui trace sa route, qui refuse de se sacrifier pour préserver les susceptibilités des autres.
Est-ce égoïste ?
Non.
C’est vital.
La société adore nous servir des règles de bienséance qui nous abîment à petit feu :
« Ne fais pas d’histoires »,
« Reste polie »,
« Ce n’est pas grave »,
« Tu exagères ».
Mais puisque nous sommes la société, puisque nous la co-construisons chaque jour, nous avons le droit — et même la responsabilité — de redessiner nos limites.
Nous ne sommes pas nés pour servir de décharge émotionnelle.
Ni pour supporter les remarques malveillantes sous prétexte de “franchise”.
Ces gens-là se vantent d’être “vrais”, alors qu’ils sont simplement maladroits, brutaux… ou paresseux émotionnellement.
Ah, si nous, nous devions leur dire certaines vérités…
Mais inutile d’épuiser notre souffle à parler à des murs.
Nous allons plutôt ériger notre propre barrière protectrice, un filtre sain qui nous préserve de la bêtise, des attitudes vampirisantes et des comportements corrosifs.
Parce que, comme je vous l’ai rappelé au Jour 1 :
👉🏽 nous méritons la douceur.
Et faire le tri dans son entourage, ce n’est pas exclure.
C’est respirer à nouveau.
Pourquoi certaines relations nous parasitent sans qu’on s’en rende compte ?
On sous-estime souvent l’impact émotionnel des relations du quotidien.
Pourtant, la psychologie sociale le répète depuis des décennies :
👉🏽 nous devenons ce que notre entourage active en nous.
Le psychologue David McClelland, spécialiste de la motivation, estime qu’environ 95 % de notre réussite ou de nos comportements dépend des personnes qui nous entourent.
Pas par magie, mais par contagion émotionnelle, imitation, normes implicites.
✧ L’énergie : le baromètre le plus honnête
Notre corps sait.
Toujours.
Des études menées par l’Université de Freiburg ont montré que l’interaction sociale peut activer ou épuiser le système nerveux autonome.
En clair : certaines personnes augmentent ton stress sans prononcer un mot.
D’autres, au contraire, régulent naturellement ton rythme cardiaque.
Ce n’est pas “être sensible”.
C’est être humaine.
✧ Les relations qui prennent plus qu’elles ne donnent
Le psychologue Aaron Beck — père des thérapies cognitives — rappelait que les relations déséquilibrées modifient nos pensées automatiques.
Une personne qui te minimise tout le temps crée en toi des micro-doutes qui s’accumulent, même si tu es forte.
Ce n’est pas le “gros conflit” qui te détruit.
Ce sont les petites piqûres quotidiennes.
✧ Le parasitage discret : l’usure à bas bruit
Les chercheurs parlent de micro-stressors, ces micro-agressions émotionnelles qui n’ont l’air de rien, mais qui, répétées, diminuent la motivation, l’humeur et la confiance en soi.
C’est le collègue qui pique,
la cousine jalouse,
le voisin qui soupire,
le proche qui “plaisante”… mais qui te rabaisse.
Il faut parfois des années pour reconnaître ce parasitage subtil.
Les différents types de “parasites” émotionnels
La psychologie relationnelle ne parle pas de “parasites” mais de dynamiques relationnelles dysfonctionnelles.
Mais on va rester dans ton langage mon chat, parce qu’on se comprend 😏.
✧ Le négativiste chronique
Les recherches sur le negativity bias montrent que le cerveau retient 3 fois plus les interactions négatives que les positives.
Être entourée de personnes qui se plaignent constamment diminue ton optimisme… même si tu vas bien.
✧ Le draineur émotionnel
La psychologue Susan Heitler parle des “décharges émotionnelles” où une personne vient se vider chez toi sans se remettre en question.
Elle repart légère.
Toi, tu portes son fardeau.
✧ Le rival déguisé
Ceux qui feignent la bienveillance mais glissent toujours une petite comparaison.
C’est une forme d’agression passive qui abîme l’estime de soi à long terme.
✧ Le contrôlant
Ces personnalités activent ton système de “fawn” (réponse trauma) : tu t’adaptes, tu te contorsionnes, tu te tais.
Ton corps dépense une énergie folle juste pour rester en surface.
✧ Le vampire affectif
Daniel Goleman, spécialiste de l’intelligence émotionnelle, explique que certaines personnalités captent l’attention émotionnelle comme un carburant.
Ce n’est pas de l’amour. C’est de la consommation.
✧ Le faux bienveillant
Le classique :
“Je dis ça pour ton bien.”
Le problème, c’est qu’on ne maltraite pas quelqu’un “pour son bien”.
Ces critiques déguisées activent les mêmes zones cérébrales que la douleur physique (études de l’Université de Californie).

Comment savoir si une relation empoisonne ton énergie ?
Les psychologues parlent de signaux faibles.
Ton corps et ton comportement changent avant ton mental.
Voici les marqueurs les plus fiables :
✧ 1. Ton humeur chute après l’avoir vu
Pas besoin d’un conflit : ton énergie parle.
Le cortisol (hormone du stress) peut augmenter juste par la présence d’une personne toxique.
✧ 2. Tu te sens coupable de poser une limite
Les personnes saines ne déclenchent pas de culpabilité.
Elles accueillent.
✧ 3. Tu dois jouer un rôle
Quand tu dois “faire attention”, “te calmer”, “te brider” :
→ tu n’es plus toi-même.
Ton système nerveux est en hypervigilance.
✧ 4. Tu t’épuises émotionnellement
L’épuisement relationnel est scientifiquement reconnu.
Il se manifeste comme un mini burn-out : sommeil perturbé, irritabilité, rumination.
✧ 5. Tu anticipes ses réactions plus que les tiennes
Tu marches sur des œufs.
C’est le signe le plus clair d’une relation asymétrique.
Comment faire le tri sans violence ni drame (version douce, version scientifique)
✧ 1. Réduire la fréquence avant de couper
Les neurosciences montrent que changer un comportement progressivement évite la réaction émotionnelle excessive de l’autre.
La distance, c’est de l’hygiène.
Pas une bataille.
✧ 2. Redéfinir clairement tes limites
Les psychologues recommandent les limites assertives :
→ courtes
→ claires
→ non négociables
Exemples :
“Je ne suis pas disponible.”
“Je ne veux pas parler de ça.”
“Je préfère garder mes distances.”
✧ 3. Observer leur réaction
Comme le dit Esther Perel :
👉🏽 “La réaction de quelqu’un à ton non est souvent la vérité sur votre relation.”
✧ 4. Protéger ton énergie comme un organe vital
La charge mentale sociale (étude de l’Université Laval) est réelle.
Chaque interaction coûte quelque chose : temps, attention, stabilité émotionnelle.
Tu as le droit de filtrer.
✧ 5. Choisir des relations nourrissantes
Les recherches sur les « High Quality Connections » (Jane Dutton) montrent que certaines relations :
— augmentent la résilience
— boostent l’estime de soi
— diminuent les symptômes anxieux
— renforcent l’espérance psychologique
On ne devrait jamais culpabiliser de préférer ces personnes-là.
✨ Relations parasites vs Relations nourrissantes
| Type de relation | Caractéristiques | Impact psychologique |
|---|---|---|
| Relation parasite |
Épuisement émotionnel, critiques récurrentes, demande constante d’attention, jalousie voilée, remarques piquantes, absence de réciprocité, tension et hypervigilance. |
Augmentation du cortisol (stress), baisse de l’estime de soi, fatigue mentale, anxiété relationnelle, rumination, perte progressive d’énergie vitale. |
| Relation nourrissante |
Soutien sincère, échanges équilibrés, parole douce et honnête, présence apaisante, encouragements, absence de jugement, respect des limites. |
Sécurité émotionnelle accrue, élévation de la dopamine et de l’ocytocine, confiance renforcée, apaisement du système nerveux, motivation naturelle, sentiment de liberté intérieure. |
| Relation usante |
Tu dois jouer un rôle, communication agressive ou passive-agressive, absence d’écoute réelle, surcharge émotionnelle, ironie ou mépris. |
Stress chronique léger mais constant, inhibition émotionnelle, perte de créativité, difficultés à se concentrer, sensation de marcher sur des œufs. |
| Relation qui élève |
Conversations profondes, validation émotionnelle, bons conseils sans intrusion, joie spontanée, bienveillance intuitive, croissance mutuelle. |
Boost de motivation, sentiment d’être comprise, réduction de l’anxiété, sécurité intérieure, équilibre émotionnel, sensation d’être “rechargée”. |
Protéger ton énergie n’est pas un caprice : c’est un acte de survie émotionnelle.
Faire le tri dans ton entourage ne signifie pas rejeter les autres, mais te délester de ce qui t’alourdit et t’empêche de te déployer pleinement.
Les relations qui blessent te vident, celles qui t’aiment te nourrissent. Tu as le droit absolu de choisir la paix plutôt que la tension.
S’éloigner de ce qui te consume, c’est créer de l’espace pour ce qui t’élève. Tu mérites des liens sains, clairs, et profondément bienveillants.
Faire le tri dans son entourage, ce n’est pas devenir froide, distante ou insensible.
C’est au contraire un retour à soi, une manière de réhabiliter son espace intérieur, de redonner de la place à la paix, à la clarté, à la tendresse.
Parce que la vérité, c’est que nous ne pouvons pas fleurir dans un sol contaminé.
Nous ne pouvons pas respirer dans une pièce saturée.
Nous ne pouvons pas évoluer entourées de personnes qui nous tirent vers le bas.
Le tri relationnel est un acte de maturité.
Un acte de lucidité.
Un acte d’amour, pas contre les autres, mais pour toi.
Et tu n’as pas besoin d’un grand discours, ni d’un clash, ni d’une justification interminable.
Tu as juste besoin de reconnaître ce qui te fait du bien… et ce qui t’abîme.
Le reste suit naturellement.
En décidant aujourd’hui de prendre soin de ton énergie, tu poses un geste fondateur pour toute ta vie.
Et comme chaque geste de ce calendrier, il n’a pas besoin d’être parfait, seulement sincère.
✨ Pour aller plus loin
🧨 Besoin d’un petit coup de courage pour poser tes limites ?
Relis le Jour 4 : La règle des 5 secondes.
Une méthode simple et redoutable pour agir même quand tu n’en as pas envie…
y compris pour faire le tri dans ton entourage.
💬 Envie de dire les choses sans blesser ?
Le Jour 3 : Avoir une parole impeccable t’aidera à exprimer tes vérités avec douceur, clarté et respect — même dans les conversations difficiles.
Ou si tu veux apprendre à gérer les conflits entre frères et sœurs.
🎁 Et si tu veux un peu de légèreté…
Le Jour 5 est là pour t’inspirer et trouver un cadeau Secret Santa écoresponsable
🎧 Écouter le podcast “Une pause pour exister”
☕ Soutenir sur Ko-fi
Si ce voyage intérieur t’aide, c’est un joli moyen d’encourager ce projet.
Comment savoir si une relation est vraiment toxique pour moi ?
Une relation devient toxique quand, de manière répétée, tu te sens vidée, rabaissée, coupable ou en tension après les échanges. Si tu dois constamment te justifier, te retenir ou marcher sur des œufs, c’est un signal important que cette relation ne respecte plus ton équilibre émotionnel.
Est-ce que s’éloigner de certaines personnes, c’est être égoïste ?
Non. Prendre soin de ton énergie et poser des limites n’est pas de l’égoïsme, c’est de l’hygiène émotionnelle. Tu peux aimer quelqu’un et reconnaître que sa façon d’être te fait du mal. S’éloigner, c’est parfois la seule façon de se protéger et de se respecter.
Que faire si la personne qui m’épuise fait partie de ma famille ?
Quand il s’agit de la famille, le tri se fait souvent en douceur : réduire la fréquence des contacts, couper certaines conversations, poser des limites claires sur ce que tu acceptes ou non. Tu peux garder un lien sans t’exposer à tout, tout le temps.
Comment poser une limite sans créer un énorme conflit ?
En restant simple et factuelle : parler en « je », exprimer ton ressenti, expliquer ce que tu ne veux plus vivre, sans attaquer la personne. Certaines réagiront mal, mais ce n’est pas le signe que tu as eu tort : c’est le signe qu’elles n’étaient pas habituées à ce que tu te protèges.
Et si j’ai peur de me retrouver seule en faisant le tri ?
C’est une peur très humaine. Pendant un temps, le tri peut créer une impression de vide, mais c’est souvent un espace nécessaire pour laisser entrer de nouvelles personnes plus alignées avec qui tu es aujourd’hui. Tu ne choisis pas la solitude : tu choisis de faire de la place pour des liens plus sains.

Amoureuse des instants simples, Valérie partage une autre manière de vivre : plus douce, plus consciente, plus libre.À travers son blog Une pause pour moi et son podcast Une pause pour exister, elle t’invite à ralentir, à respirer, et à retrouver l’essentiel au fil de ton propre rythme.Son mantra : « Prendre le temps, c’est prendre soin de soi.


Laisser un commentaire