Il y a des situations dans la vie qui semblent se répéter.
Une relation qui ressemble étrangement à la précédente.
Un schéma qui revient malgré les bonnes résolutions.
Une sensation d’avoir déjà vécu cette scène.
Et souvent, une question finit par apparaître :
Pourquoi est-ce que je retourne vers ce qui me fait souffrir ?
Cette interrogation peut être déstabilisante. Elle peut donner l’impression de ne pas apprendre de ses expériences ou de reproduire des erreurs.
Pourtant, la psychologie montre que ce phénomène n’est pas forcément lié à un manque de volonté ou à une faiblesse personnelle.
Il peut simplement s’expliquer par la manière dont fonctionne notre cerveau.
Le cerveau préfère ce qu’il connaît
Le cerveau humain a une mission essentielle : assurer notre sécurité.
Pour cela, il privilégie les situations qu’il est capable de prévoir. La prévisibilité réduit l’incertitude, et l’incertitude est souvent perçue comme une menace.
C’est pour cette raison que notre esprit développe ce que les psychologues appellent parfois le biais de familiarité.
Nous avons tendance à nous sentir plus à l’aise avec ce qui nous est familier, même lorsque ce familier n’est pas forcément agréable.
Une relation intense mais instable peut sembler étrangement familière.
Une situation de stress peut donner l’impression d’être connue.
Et parfois, cette familiarité crée une forme de confort paradoxal.
Le cerveau se dit inconsciemment :
« Je connais ce terrain. »
Quand la familiarité émotionnelle influence nos choix
Le psychiatre Bessel van der Kolk, spécialiste du traumatisme et auteur de l’ouvrage The Body Keeps the Score, explique que les expériences émotionnelles répétées modifient durablement la manière dont notre système nerveux réagit.
Lorsque certaines émotions ont été présentes pendant longtemps — tension, stress, instabilité — le cerveau peut s’y habituer.
Ce niveau d’activation devient la norme.
La psychologue Judith Herman, professeure à Harvard et pionnière dans l’étude des traumatismes psychologiques, décrit ce phénomène comme un système d’alerte qui reste actif même lorsque le danger n’est plus présent.
Dans ces conditions, le calme peut parfois sembler étrange.
Presque suspect.
Certaines personnes ont même l’impression que lorsque tout va bien, quelque chose de mauvais va forcément arriver.
Pourquoi sortir de ces schémas peut être difficile
Changer de schéma demande au cerveau de s’aventurer sur un terrain inconnu.
Or l’inconnu demande plus d’énergie mentale. Il oblige le cerveau à analyser davantage d’informations et à s’adapter à de nouvelles situations.
C’est pour cela que certaines décisions — comme quitter une relation toxique, changer d’environnement ou modifier ses habitudes — peuvent être aussi difficiles.
Même lorsque la raison sait que c’est la bonne décision.
Le cerveau, lui, hésite.
Parce qu’il perd ses repères habituels.
Comment créer de nouveaux repères émotionnels
La bonne nouvelle est que le cerveau reste profondément adaptable.
Les neurosciences parlent de neuroplasticité : la capacité du cerveau à se modifier grâce à l’expérience.
Chaque nouvelle expérience peut créer de nouveaux repères.
Un environnement plus calme.
Une relation plus respectueuse.
Une activité qui apporte du bien-être.
Ces expériences, répétées dans le temps, permettent au système nerveux d’apprendre que la sécurité peut exister autrement.
Petit à petit, ce qui était autrefois inconnu devient familier.
Et les anciens schémas perdent de leur influence.
Une autre manière de regarder ces répétitions
Comprendre ces mécanismes permet souvent de changer de perspective.
Au lieu de se juger pour certaines décisions passées, il devient possible de voir ces situations comme le résultat d’un système nerveux qui essayait simplement de fonctionner avec les repères qu’il connaissait.
Cela ne signifie pas que ces schémas doivent se répéter.
Mais cela rappelle que le changement est rarement instantané.
Il se construit progressivement, à travers de nouvelles expériences.
Et parfois, simplement à travers une prise de conscience.
Rééduquer notre cerveau
Découvrir que notre cerveau peut préférer ce qui lui est familier, même lorsque cela nous fait souffrir, peut sembler déroutant.
Mais ce mécanisme n’est pas un défaut.
C’est un réflexe de protection.
En comprenant ce fonctionnement, il devient possible d’aborder certains schémas avec plus de douceur et de curiosité.
Et peu à peu, d’ouvrir la porte à des expériences différentes.
Des expériences dans lesquelles le calme, la stabilité et la sécurité deviennent, eux aussi, familiers.
💬 Et vous ?
Avez-vous déjà remarqué que certaines situations semblaient se répéter dans votre vie ?
N’hésitez pas à partager votre expérience en commentaire ou à partager cet article si ces réflexions vous parlent.
Questions fréquentes
Pourquoi reproduisons-nous ce qui nous fait souffrir ?
Le cerveau humain privilégie souvent ce qui lui est familier. Ce mécanisme, appelé biais de familiarité émotionnelle, peut pousser certaines personnes à reproduire des situations connues même lorsqu’elles sont douloureuses.
Qu’est-ce que la familiarité émotionnelle ?
La familiarité émotionnelle est un mécanisme psychologique qui amène le cerveau à se sentir plus en sécurité dans des situations connues, même lorsqu’elles sont négatives.
Pourquoi le cerveau préfère-t-il ce qu’il connaît ?
Le cerveau cherche avant tout à réduire l’incertitude. Les situations familières sont plus prévisibles et peuvent donc sembler plus rassurantes que des expériences nouvelles.

Amoureuse des instants simples, Valérie partage une autre manière de vivre : plus douce, plus consciente, plus libre.À travers son blog Une pause pour moi et son podcast Une pause pour exister, elle t’invite à ralentir, à respirer, et à retrouver l’essentiel au fil de ton propre rythme.Son mantra : « Prendre le temps, c’est prendre soin de soi.


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