Il y a une chose que j’ai longtemps repoussée : mes propres rendez-vous médicaux.
Pas par négligence volontaire. Plutôt par priorité déplacée. Il y avait toujours plus urgent. Les enfants. Le travail. Les échéances. Les autres.
Mon corps, lui, attendait.
Je me souviens d’un moment très banal. Une douleur persistante. Rien de dramatique. Mais assez pour m’inquiéter. J’ai ouvert mon agenda pour prendre rendez-vous… et je l’ai refermé. “Pas cette semaine.” Puis la suivante. Puis encore après.
C’est étrange comme on peut être capable d’organiser la vie de tout le monde, sauf la sienne.
Le me time, on l’imagine souvent comme un bain chaud ou une lecture au soleil. C’est beau, c’est nécessaire. Mais il y a un autre me time, plus discret, moins glamour. Celui où l’on s’occupe de sa santé.
Prendre rendez-vous chez le médecin.
Faire un bilan sanguin.
Aller chez le dentiste même quand on redoute le fauteuil.
Planifier un contrôle gynécologique, ophtalmologique, dermatologique.
S’occuper de ses pieds, ces grands oubliés qui nous portent toute la journée.
Ce n’est pas spectaculaire. Ce n’est pas instagrammable. Mais c’est un acte profond de respect.
Le corps n’est pas un outil, c’est un partenaire
On vit dans une culture qui nous pousse à exploiter notre énergie. On se félicite de tenir malgré la fatigue. On normalise les douleurs. On appelle ça “être forte”.
Mais le corps n’est pas un outil à rentabiliser. C’est un partenaire. Et quand on l’ignore trop longtemps, il finit par parler plus fort.
Les études sur le stress chronique montrent que lorsqu’on néglige les signaux physiques — fatigue persistante, tensions, troubles digestifs, douleurs diffuses — le système nerveux reste en état d’alerte. Le cortisol ne redescend pas vraiment. À long terme, cela fragilise l’immunité, le sommeil, l’équilibre hormonal.
Prendre du temps pour un bilan de santé, ce n’est pas dramatiser. C’est prévenir.
C’est aussi envoyer un message clair à son propre cerveau : ma santé compte.
Et cette phrase, même silencieuse, change la posture intérieure.
Les me time du quotidien : nourrir son corps autrement
Je me suis surprise, un matin, à prendre le temps de me préparer un jus de légumes frais. Pas parce que c’était à la mode. Pas pour “détoxifier” quoi que ce soit. Juste parce que j’avais envie d’un geste qui me fasse du bien.
Couper les légumes. Entendre le bruit de l’extracteur. Sentir l’odeur verte et fraîche. Boire lentement.
Ce n’était pas un exploit. C’était un signal.
Prendre soin de sa santé peut être simple. Préparer un repas nourrissant. Marcher. Étendre son dos quelques minutes. Aller courir non pas pour brûler des calories, mais pour sentir son cœur battre plus fort.
Le sport, quand il n’est plus une punition, devient une célébration. Une manière de dire à son corps : je t’habite.
Les neurosciences le confirment d’ailleurs : l’activité physique régulière améliore l’humeur, réduit l’anxiété et favorise la production d’endorphines. On le sait. Mais le vivre, c’est autre chose. C’est sentir la chaleur dans les muscles. Le souffle qui s’accélère puis se régule. La tête plus claire après.
La santé mentale fait partie du me time
On parle de santé comme d’un bilan sanguin et d’un rendez-vous annuel. Mais il y a aussi l’intérieur invisible.
Traiter ses traumatismes.
Nommer son anxiété.
Consulter quand on sent que quelque chose nous dépasse.
Il m’a fallu du temps pour comprendre que demander de l’aide n’était pas un aveu de faiblesse. C’était un geste de maturité.
Le cerveau garde la trace des expériences difficiles. Les traumatismes non traités modifient la manière dont le système nerveux réagit au monde. On peut être en sécurité et pourtant ressentir une alerte permanente.
Prendre rendez-vous avec un thérapeute, parler, revisiter, comprendre… c’est aussi du me time. Un me time exigeant, parfois inconfortable, mais profondément libérateur.
On ne répare pas tout en une séance. Mais on commence.
Et commencer, c’est déjà prendre soin de soi.
Prendre du temps pour soi n’est pas égoïste : c’est une façon de préserver sa santé. J’en parle plus en profondeur dans cet article sur pourquoi prendre soin de sa santé est si important.
Ne plus attendre l’urgence
Ce que j’ai compris, avec les années, c’est que nous avons tendance à agir seulement quand le corps crie. Quand la douleur devient insupportable. Quand l’épuisement nous immobilise.
Et si l’on agissait avant ?
Et si prendre soin de sa santé devenait un rendez-vous régulier, pas une réaction à la peur ?
Consacrer du temps à sa santé, ce n’est pas être obsédée par soi. C’est reconnaître que notre corps et notre esprit sont les seuls lieux où nous vivrons toute notre vie.
Le me time, dans sa forme la plus mature, c’est cela : ne plus se traiter comme une ressource illimitée.
C’est se rappeler que l’on mérite des soins, même quand tout va “à peu près bien”.
FAQ – Me time et santé
Le me time permet de ralentir, de réduire le stress et de se reconnecter à ses besoins. Il contribue à l’équilibre émotionnel et au bien-être général.
Non. Prendre du temps pour soi est essentiel pour préserver sa santé mentale et son énergie.
Même 10 à 30 minutes par jour peuvent apporter des bénéfices pour la santé mentale et physique.
Lire, marcher, méditer, écrire ou simplement se reposer sont des exemples d’activités de me time.
Il est possible de commencer par de courtes pauses quotidiennes pour respirer, marcher ou se détendre.

Amoureuse des instants simples, Valérie partage une autre manière de vivre : plus douce, plus consciente, plus libre.À travers son blog Une pause pour moi et son podcast Une pause pour exister, elle t’invite à ralentir, à respirer, et à retrouver l’essentiel au fil de ton propre rythme.Son mantra : « Prendre le temps, c’est prendre soin de soi.


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