Je ne sais pas si c’est notre société, qui nous considère de plus en plus comme des produits et nous pousse à être toujours plus performants — dès la maternelle.
Ou si ce sont les réseaux sociaux :
LinkedIn pour le professionnel, devenu un étalage permanent de qui fait mieux,
Instagram pour la vie privée, le corps, la maison, les vacances, la vie parfaite.
Sans oublier la compétition, parfois silencieuse, parfois frontale, au sein même des familles.
Ce qui est sûr, c’est qu’à plusieurs moments de ma vie, je me suis sentie trop.
Trop caractérielle (bonjour le mythe de la hungry black woman).
Trop émotive.
Trop audacieuse.
Trop dure aussi – comme si le respect ne devait aller que dans un seul sens.
Et puis, à d’autres moments, pas assez.
Pas assez ouverte.
Pas assez indulgente.
Pas assez ceci, pas assez cela.
(Oui, poser des limites est difficile à accepter pour certains… mais très facile à franchir.)
Entre les injonctions permanentes et les commentaires non sollicités, même avec une forte personnalité, on reste humain.
Et à force, on finit par douter.
Par se demander si l’on est, nous aussi, trop ou pas assez.
Dans la continuité de cette mini-série Ce que je laisse en 2026, j’ai envie de poser une chose clairement :
être nous suffit.
Et dans cet article, on va voir comment se détacher de cette peur d’être trop… ou jamais assez.
La peur de ne pas être assez… ou d’être trop : un constat partagé
Il y a cette sensation diffuse, parfois permanente.
Être trop : trop sensible, trop émotive, trop intense, trop affirmée.
Ou à l’inverse, pas assez : pas assez confiante, pas assez ouverte, pas assez douce, pas assez légitime.
En psychologie, ce tiraillement est souvent lié à une peur du rejet et à un besoin d’appartenance très fort.
Dès l’enfance, nous apprenons que l’acceptation passe parfois par l’adaptation : être moins ceci, plus cela.
Avec le temps, cette peur d’être trop ou pas assez devient intérieure… même quand plus personne ne la formule à voix haute.
D’où vient cette peur d’être trop ou pas assez
Les recherches en psychologie sociale montrent que la comparaison constante altère l’estime de soi.
Les réseaux sociaux, par exemple, renforcent ce mécanisme en exposant des normes irréalistes :
réussite, bonheur, corps, parentalité, carrière.
Notre cerveau, lui, ne fait pas la différence entre une comparaison ponctuelle et une comparaison permanente.
Résultat : il enregistre un sentiment d’insuffisance chronique.
La peur du regard des autres et la peur de déranger deviennent alors des stratégies de protection :
mieux vaut se faire discrète que risquer le rejet.

Quand la peur de déranger nous pousse à nous censurer
Sur le plan psychologique, se censurer est souvent une réponse apprise à un environnement perçu comme peu sécurisant.
On parle parfois de stratégies d’adaptation :
- minimiser ses émotions,
- s’excuser d’exister,
- éviter le conflit à tout prix.
À force, ne pas se sentir légitime devient un automatisme.
Le manque de confiance en soi n’est pas un trait de caractère, mais le résultat d’années passées à ajuster sa place pour ne pas déranger.
Comprendre que le problème n’est pas qui nous sommes
De nombreux travaux sur l’hypersensibilité montrent que les personnes sensibles ressentent plus intensément… mais aussi plus finement.
Le problème n’est pas l’intensité, c’est le regard porté sur cette intensité.
Le syndrome de l’imposteur émotionnel apparaît lorsque l’on doute même de la légitimité de ce que l’on ressent :
“Je ressens trop”, “je réagis trop”, “je devrais être différente”.
Or, en psychologie, une émotion n’est jamais “trop” :
elle est simplement un signal.
Ce n’est pas notre sensibilité qui pose problème, mais l’idée qu’elle devrait être corrigée.
S’autoriser à exister sans s’excuser
Les approches thérapeutiques centrées sur l’acceptation (comme l’ACT ou la thérapie humaniste) montrent que
l’apaisement commence lorsque l’on cesse de lutter contre ce que l’on est.
S’autoriser à exister sans s’excuser, ce n’est pas devenir indifférente aux autres.
C’est sortir de l’hyper-adaptation.
C’est comprendre que l’on peut être trop pour certains…
et profondément juste pour d’autres.

Ce tableau aide à identifier les étiquettes que l’on s’est collées (ou qu’on nous a collées) et à voir ce qu’elles recouvrent réellement.
| Quand je me dis… | Ce que ça cache souvent | Ce que c’est vraiment |
|---|---|---|
| Je suis trop sensible | Une émotion intense non accueillie | Une capacité fine à ressentir et percevoir |
| Je suis trop émotive | La peur de déborder ou de déranger | Une réaction humaine à ce qui touche |
| Je suis trop intense | Une énergie qui ne rentre pas dans le cadre | Une présence engagée et vivante |
| Je suis trop caractérielle | Une affirmation qui dérange | Une capacité à poser des limites |
| Je ne suis pas assez confiante | La peur du regard des autres | Une prudence apprise |
| Je ne suis pas assez légitime | La comparaison constante | Une place jamais validée… mais bien réelle |
| Je suis trop audacieuse | Une sortie des rôles attendus | Une autonomie assumée |
| Je ne suis pas assez douce | Une injonction genrée | Une manière d’être directe et honnête |
🎁 À retenir
La peur d’être trop ou pas assez n’est pas un défaut. C’est souvent le résultat d’années passées à s’adapter, à se comparer, à faire attention à ne pas déranger.
Ce que l’on appelle « trop » chez soi est bien souvent une qualité qui n’a pas trouvé un espace où elle pouvait exister librement.
En 2026, il ne s’agit pas de devenir quelqu’un d’autre, mais de reconnaître que ce que l’on est suffit déjà.
En 2026, je laisse derrière moi la peur d’être trop ou pas assez
En 2026, je choisis de ne plus me réduire pour être acceptée.
De ne plus confondre adaptation et effacement.
De ne plus croire que ma valeur dépend de ma capacité à rassurer.
Je laisse derrière moi la peur d’être trop…
et celle de ne jamais être assez.
Parce qu’en réalité, être moi suffit déjà.
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Pour aller plus loin, tu peux aussi découvrir d’autres articles autour de :
- adopter la slow life pour sortir de la pression permanente,
- le perfectionnisme et ce qu’il cache vraiment,
- et comment se dépasser à l’école et dans la vie sans s’épuiser ni se renier.
💬 Et toi, dis-moi en commentaire :
dans quels moments ressens-tu le plus cette peur d’être trop… ou pas assez ?
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Des réponses simples et rassurantes pour comprendre cette peur et reprendre sa place, sans se renier.
Pourquoi ai-je la peur d’être trop ou pas assez ? ⌄
La peur d’être trop ou pas assez apparaît souvent quand on a appris à s’adapter pour être acceptée : faire attention à son ton, à ses émotions, à sa place. Avec le temps, cette adaptation devient une autocensure automatique.
Elle est aussi nourrie par la comparaison (famille, travail, réseaux sociaux) et par la peur du regard des autres.
Quelle différence entre “être trop” et “être sensible” ? ⌄
“Trop” est un jugement. La sensibilité, elle, est une réalité : une manière de ressentir finement, de percevoir, de réagir. Ce qui a été étiqueté “trop” est souvent une qualité qui n’a pas trouvé un espace où elle pouvait exister librement.
Pourquoi ai-je la peur de déranger dès que je m’exprime ? ⌄
La peur de déranger peut venir d’expériences où tes besoins, tes émotions ou tes limites ont été minimisés. Ton cerveau retient alors une règle implicite : “si je prends de la place, je risque le rejet”.
Ce réflexe est une stratégie de protection… mais il peut t’éloigner de toi.
Pourquoi je ne me sens pas légitime, même quand je fais de mon mieux ? ⌄
Ne pas se sentir légitime est souvent lié au manque de validation (ou à une validation conditionnelle) : “tu seras aimée si tu es comme il faut”. Cela alimente le doute et le syndrome de l’imposteur émotionnel : remettre en question ce que l’on ressent, ce que l’on pense, ce que l’on mérite.
Comment arrêter de vivre dans la peur du regard des autres ? ⌄
On ne coupe pas le regard des autres, mais on peut déplacer le centre : revenir à ce qui est vrai pour toi (tes besoins, tes limites, tes valeurs). Un pas simple : choisir un micro-acte d’authenticité (dire non, exprimer un avis, ne pas s’excuser).
Comment être soi-même sans s’excuser, sans culpabiliser ? ⌄
Commence petit. Être soi-même sans s’excuser ne veut pas dire “être dure”. Cela veut dire : ne plus se réduire pour rassurer. La culpabilité peut apparaître au début, parce que tu changes une habitude. Avec la répétition, ton système intérieur comprend : “je peux exister et rester en sécurité”.
Que faire si je me sens “jamais assez” en permanence ? ⌄
Le sentiment de “jamais assez” est souvent renforcé par la comparaison et les standards impossibles. Une pratique douce : repérer une situation précise où tu te dis “pas assez”, puis te demander : “De quel critère je parle ? À qui appartient ce critère ? Est-ce qu’il me respecte ?”
Si ce sentiment te pèse au quotidien, un accompagnement (thérapie, groupe de parole) peut vraiment aider.

Amoureuse des instants simples, Valérie partage une autre manière de vivre : plus douce, plus consciente, plus libre.À travers son blog Une pause pour moi et son podcast Une pause pour exister, elle t’invite à ralentir, à respirer, et à retrouver l’essentiel au fil de ton propre rythme.Son mantra : « Prendre le temps, c’est prendre soin de soi.


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