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Jour 13: Traverser une année difficile

Femme noire assise près d’une fenêtre en hiver, représentant la fatigue émotionnelle et l’introspection lors d’une année difficile.
Reading Time: 6 minutes

Dans la vie, tout le monde le sait : il existe des périodes plus difficiles que d’autres. Des moments où l’on traverse ce qui ressemble au plus grand échec que l’on ait jamais vécu. Des moments où plusieurs deuils s’imposent en même temps : ce que l’on aurait pu construire, ce que l’on avait, un certain confort matériel, une forme de sécurité, un lieu paisible et sécurisant.

Et dans ces moments précis, parce que l’on est un adulte responsable, on n’a pas toujours le luxe de s’effondrer. D’autres personnes dépendent de nous. Le quotidien continue. La réalité impose sa cadence, qu’on le veuille ou non.

Alors on avance. On continue. On accepte. Il y aura des jours plus durs que d’autres, surtout pendant les périodes de fêtes, quand les émotions prennent plus de place que d’habitude : la colère, la tristesse, la déception.

Oui, le soleil finira par se lever. Quand ? Je ne sais pas.
Mais en attendant le printemps, essayons ensemble de garder le cap.

✨ Une pause avant d’aller plus loin

Cet article est né d’une traversée réelle, dans une période où tenir demandait plus d’énergie que d’habitude. Il s’appuie à la fois sur une expérience vécue et sur des repères issus de la psychologie (stress chronique, charge mentale, régulation émotionnelle).

Il s’adresse à celles et ceux qui traversent une année difficile, sans avoir le luxe de s’effondrer, et qui cherchent des points d’appui concrets, sans injonction à aller mieux.

🎄 En bref
  • Pourquoi certaines années demandent juste de tenir, pas de briller
  • Comment continuer sans s’effondrer quand d’autres dépendent de nous
  • Pourquoi devenir plus sélective n’est pas s’endurcir, mais se préserver
  • Comment accueillir la tristesse, la colère ou la fatigue sans se juger
  • Des repères doux pour traverser l’hiver intérieur en attendant le printemps

Quand on n’a plus l’énergie de tout porter

Traverser une année difficile, ce n’est pas seulement gérer des problèmes concrets.
C’est aussi encaisser des deuils invisibles qui s’additionnent et épuisent le système nerveux :

  • le deuil d’une histoire qui aurait pu être belle
  • le deuil d’un projet de vie
  • le deuil d’une stabilité pour ses enfants
  • le deuil d’un lieu sécurisant
  • le deuil d’un cadre connu, rassurant, apaisant

En psychologie, on parle de surcharge émotionnelle lorsque plusieurs pertes surviennent sans temps de récupération. Le corps passe alors en mode survie : il ne cherche pas à aller mieux, il cherche à tenir.

🌿 Pause – respiration 90 secondes
Inspire par le nez 4 secondes, expire lentement 6 secondes. Répète 5 fois.
Ce simple allongement de l’expiration aide le système nerveux à quitter l’alerte.

✍🏽 Question douce

Qu’est-ce qui me demande le plus d’énergie en ce moment, et que je pourrais alléger, même un tout petit peu ?

Non, devenir plus sélective n’est pas s’endurcir

Il y a une confusion fréquente :

Se protéger = se fermer

C’est faux.

Les recherches sur le stress chronique montrent que notre énergie mentale n’est pas infinie. Quand elle diminue, le cerveau priorise. Être plus sélective envers ce à quoi – et à qui – on accorde du temps n’est pas une fermeture du cœur, mais une réallocation des ressources.

Homme noir en forêt, main sur le cœur, illustrant comment traverser une année difficile en régulant ses émotions.

Devenir sélective, ce n’est pas aimer moins.
C’est aimer plus justement.

🧠 Éclairage psycho
Les travaux sur l’autorégulation (Baumeister et suivants, avec nuances récentes) montrent que préserver son énergie décisionnelle réduit l’épuisement et favorise des choix plus alignés.

✍🏽 Question douce

À quoi, ou à qui, est-ce que je continue de donner de l’énergie alors que cela m’épuise plus que cela ne me soutient ?

Choisir sans se justifier

Dans les périodes de reconstruction, il n’est plus possible de :

  • expliquer sans cesse
  • rassurer tout le monde
  • répondre à toutes les attentes
  • porter les émotions des autres

La sélectivité devient alors un acte de soin.

Dire non plus tôt. S’éloigner sans conflit. Réduire les échanges inutiles. Préserver les espaces calmes.

🕯️ Conseil pour se préserver
Prépare une phrase courte, toujours la même, pour dire non (sans te justifier).
Exemple : « Ce n’est pas possible pour moi en ce moment. »

Accueillir les émotions sans les laisser diriger

Être sélective ne veut pas dire ne plus ressentir. Au contraire.

Il y aura encore des jours de tristesse, de colère, de découragement. En thérapie du trauma, on rappelle que les émotions ont besoin d’être reconnues pour se réguler.

Elles passent quand on leur laisse une place sans leur confier le volant.

🌲 Micro-pause régulation

Nomme à voix basse ce que tu ressens (un mot). Puis pose une main sur le cœur pendant 10 secondes.

Un jour, sans prévenir, le cœur fera un peu moins mal. Pas parce que tout ira mieux, mais parce que la douleur cessera d’être permanente.

Quand une nouvelle année n’enthousiasme pas

Il arrive que l’on entre dans une nouvelle année sans excitation. Sans élan. Sans projet qui fait rêver.

Les psychologues parlent alors de fatigue de projection : quand l’esprit est trop sollicité par le présent, il n’a plus l’énergie d’imaginer.

Certaines années ne sont pas faites pour briller. Elles sont faites pour tenir.

Tenir financièrement. Tenir émotionnellement. Tenir pour ses enfants. Tenir pour soi.

🧩 Conseil pour se préserver
Remplace les objectifs par des intentions minimales :
tenir, protéger, respirer.

La sélectivité comme acte de soin

Être plus sélective, ce n’est pas se couper du monde. C’est choisir ce qui nourrit plutôt que ce qui épuise.

La théorie polyvagale (Stephen Porges) rappelle que le sentiment de sécurité est la base de toute régulation émotionnelle. Réduire les sources de stress relationnel aide le corps à sortir de l’hypervigilance.

Ce tri n’est pas définitif. Il est contextuel. Il est ajustable. Mais il est vital.

🫂 Phrase d’ancrage
« Je me choisis sans me fermer. »

Femme noire les yeux fermés, mains sur le cœur, illustrant l’accueil des émotions dans une période de fatigue émotionnelle.

Avancer sans s’endurcir

On peut traverser une année difficile sans devenir dure. Sans se fermer. Sans perdre sa sensibilité.

Il suffit parfois de cette décision simple et puissante :

Je choisis avec plus de soin ce à quoi je donne du moi.

Pas pour me protéger du monde, mais pour continuer à y exister.

Ce qui épuise Ce qui soutient
Tout expliquer, encore et encore Dire non sans se justifier
Vouloir aller vite Accepter un rythme lent
Porter seule S’appuyer quand c’est possible
Se forcer à aller bien Se respecter telle que l’on est

🌿 Dernière pause
Si aujourd’hui tout te paraît lourd, rappelle-toi : tenir est déjà suffisant.

Si tu traverses une période où l’énergie manque, où les deuils s’accumulent, où l’avenir n’enthousiasme pas encore…

Tu n’as pas besoin d’être forte. Tu as juste besoin d’être juste avec toi-même.

Parfois, cela commence par être plus sélective. Tout simplement.

🕯️ À retenir
  • Traverser une année difficile ne signifie pas échouer, mais tenir quand c’est nécessaire.
  • L’absence d’enthousiasme n’est pas un manque de courage, c’est souvent un signe de fatigue émotionnelle.
  • Être plus sélective n’est pas s’endurcir, c’est se préserver pour durer.
  • Les émotions ont le droit d’exister sans diriger toutes les décisions.
  • Certaines années ne sont pas faites pour briller, mais pour traverser, doucement.

Traverser, doucement

Traverser une année difficile ne se fait pas en ligne droite.
Il y a des jours où l’on tient, d’autres où l’on doute, où l’on fatigue, où l’on aimerait simplement que le poids se fasse plus léger.

Si cet article t’a accompagné, même un peu, alors il a rempli son rôle.
Pas celui de te pousser à aller mieux, mais celui de te rappeler que tu peux avancer sans t’endurcir, à ton rythme, avec ce que tu as aujourd’hui.

En attendant le printemps, chaque pas compte. Même les plus discrets.

❓ FAQ – Traverser une année difficile

Est-il normal de se sentir épuisée émotionnellement pendant une année difficile ?

Oui. Lorsque plusieurs deuils et sources de stress s’accumulent, le corps et l’esprit passent en mode économie d’énergie. Cette fatigue est une réponse normale, pas un échec.

Est-ce grave de ne pas avoir envie de célébrer ou de se projeter ?

Non. Certaines périodes de vie demandent simplement de tenir. L’absence d’enthousiasme est souvent un signal de fatigue émotionnelle, pas un manque de gratitude ou de volonté.

Pourquoi ai-je besoin d’être plus sélective avec mon temps et mon énergie ?

Quand l’énergie baisse, devenir plus sélective permet de préserver l’essentiel. Ce n’est pas se fermer, c’est se protéger pour continuer à avancer.

Comment accueillir mes émotions sans qu’elles prennent toute la place ?

Accueillir une émotion, c’est la reconnaître sans la laisser diriger toutes les décisions. De simples micro-pauses peuvent aider à retrouver un peu de stabilité intérieure.

Certaines années sont-elles faites uniquement pour tenir ?

Oui. Certaines années ne sont pas là pour briller, mais pour traverser, protéger l’essentiel et préserver son équilibre.

8 réponses à “Jour 13: Traverser une année difficile”

  1. Avatar de Sabine Gorissen
    Sabine Gorissen

    Un texte très doux et réconfortant.
    Tu rappelles avec beaucoup de justesse qu’une année difficile ne se “corrige” pas, mais se traverse, pas à pas, avec patience et bienveillance envers soi.

    Cette invitation à ralentir et à écouter ce qui se vit intérieurement fait vraiment du bien. On se sent accompagnée, comprise, sans pression.
    Merci pour cette pause pleine de sens

  2. Avatar de eric
    eric

    Cet article m’a fait beaucoup de bien et je me suis repris à le lire 2 fois 🙂
    Merci 🙏

    1. Avatar de Valérie

      Merci à toi!

  3. Avatar de Aurélie
    Aurélie

    Merci pour cette article doux et apaisant. Il arrive a point nommé pour moi et remplit complètement sa fonction de bienveillance avec soi même. J aime particulièrement l idée qu etre sélective n est pas s endurcir mais se choisir.

  4. Avatar de aurélie Jur
    aurélie Jur

    Oh j adore ton article ! Simple clair efficace avec des références sérieuses
    C’est juste la réalité de la vie qui se met en place et avec tes explications douces et bons conseils, on y entre avec justesse. Bravo

  5. Avatar de JeanneOO
    JeanneOO

    Comme cela fait du bien de lire cet article! Merci. Tout en douceur et délicatesse. C’est tellement apaisant de s’autoriser â accueillir ses émotions, sans jugement et à oser ralentir quand tout nous pousse à courir en permanence.

  6. Avatar de Caroline
    Caroline

    Merci de rappeler qu’on ne peut pas être toujours au top et que parfois, tenir et avancer au radar, assurer l’essentiel, c’est déjà héroïque. Et plus facile avec les conseils faciles à mettre en place que tu donnes.
    Si en plus, on arrive à prendre conscience de la façon dont on réagit aux événements, c’est encore un plus.
    J’ai envie de te dire courage pour la traversée, parce que j’ai l’impression que cet article n’est pas là par hasard… <3

  7. Avatar de Emeric MICHAL
    Emeric MICHAL

    Valérie, ton article met des mots justes sur une réalité souvent tue… J’entends par là ces périodes où l’on ne cherche pas à aller mieux, mais simplement à tenir. Il y a des années qui ne sont pas faites pour briller, certes. Mais il faut préserver l’essentiel, sans se durcir, comme tu dis.

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